La date du 11 avril 2009 était attendue avec une grande impatience, autant du côté des groupes que du côté des fans. Effectivement, ce jour-là a lieu la toute première édition du
Rock GirlsFest, un festival inédit faisant côtoyer sur une même scène des groupes de renom avec des "petits" groupes, figures montantes de la scène métal française, avec bien évidemment des chanteuses.
Arrivé malheureusement après le début du festival, je n'ai pu voir que la fin du set d'
EMPREINTE(S). Pour éviter de partir en terrain aveugle, je m'abstiendrais de faire le report de ce groupe, qui m'avait l'air ma foi fort sympathique. A une prochaine occasion, ce sera avec grand plaisir que je viendrais les (re)découvrir.
KARRY
Sur une intro soigneusement mise en scène (bougeoirs et candélabres pour pour plonger l'auditoire dans l'univers sombre et magique de Karry), la jeune fille entre en scène accompagnée par ses musiciens. Son costume est saisissant : corset, jupe à voile et chapeau haut-de-forme, la belle demoiselle est au centre de tous les regards. Le rock-métal proposé par la formation est de très bonne qualité, des riffs lourds, des rythmes percutants, le tout teinté de synthé et de piano.
Les paroles, en français, traitent d'une réflexion sur soi-même, sur la vie, l'amour, la mort, l'humanité. Les émotions sont le maitre-mot de ce concert. Le laïus "carpe diem" ou "aimez-vous les uns les autres" reviennent régulièrement, c'est assez original et bien équilibré. Les textes sont très bien choisis, avec des jeux de mots comme dans la chanson "Le test amants".
Après quelques titres, Karry retire les "accessoires superflus" (jupe et chapeau) et se montre très sexy, notamment dans sa façon de bouger. Le concert est malheureusement taché d'un petit incident, une panne de micro, heureusement vite rétabli. Elle fera également un duo avec le rappeur Mitch, venu poser sa voix sur un morceau. Le duo étonnant a fait sensation, même si la voix du chanteur n'était pas très audible, un problème de réglage probablement, je n'ai pas compris toutes les paroles.
Quoi qu'il en soit, la musique et le spectacle sont d'excellente qualité, l'album prévu pour fin 2009 ne présage que du bon.
KARRY
BENIGHTED SOUL
Le festival continue avec les Nancéens de Benighted Soul. Les Lorrains proposent un métal gothico-lyrique d'excellente qualité. Sur une petite introduction sans grandes symphonies pompeuses, les musiciens entrent scène et prennent place, aussitôt suivis par la belle chanteuse Jay, qui attaque d'emblée avec du headbang. Le groupe est en très bonne forme, et délivre un set impeccable, qui file des frissons à tout le monde. La voix lyrique, accompagnée par les screams du bassiste et la voix claire du claviériste, le tout sur une musique riche en symphonies, est absolument grandiose. De nouveaux titres sont joués, "Start from scratch", "Ticking time bomb", "Falling in sin", qui paraitront sur l'album attendu pour l'année prochaine. Les morceaux déjà connus tels que "Bucephalus" ou "Anesidora" (avec la poupée) font l'unanimité, le public est aux anges, participe et applaudit sans même y avoir été invité, on ressent une très forte motivation des fans, et pour cause! Des passages mid-tempo aux passages rapides, les gens headbanguent en rythme, et sur scène on ressent une véritable symbiose, une grande énergie, qui font de ce concert je pense le meilleur que j'ai vu d'eux. Malheureusement trop court, le set se finira par un salut global devant le public émerveillé. Une des meilleures prestations de ce festival.
BENIGHTED SOUL
INTERRIA
Interria est l'un des groupes que j'attendais le plus ce jour-là. En effet, leur premier album "Les Corps Impatients" vient tout juste de sortir, et c'est avec impatience que j'attends de voir leur prestation de soir.
Fidèle à elle-même, Jenni (au chant) apparait en robe à paillette, absolument magnifique. Les fans fidèles au groupe (la fameuse Street Team) sont comme des fous, et tout le monde sautille gaiement sur les titres électro-rock d'Interria. Le titre "Mindustrial" par exemple fait jumper toute la fosse, les arrangements et les éléments électro insérés à la perfection sur ce rock-métal bourrin permettent au public de se déchainer. Le son est très bon, les guitares distordues, les percussions entrainantes, et le chant (en français) poignant.
Jenni utilise une petite poupée (décidément, encore des poupées!!) et lui plante des aiguilles dans le corps comme un sorcier vaudou. D'autres petites poupées spécialement confectionnées pour l'occasion seront lancées dans le public.
Sarah (de The Outburst) viendra chanter en duo sur le titre "Nemorkia". On constate aisément une très grande complicité entre les deux chanteuses, qui se connaissent bien, et qui ne s'arrêtent plus de bouger, headbanguer. Le public réagit bien et chante en même temps, les "maitrisez, contrôlez" sont repris en choeur par toute la fosse en délire. La chaude ambiance pendant la prestation d'Interria restera un élément marquant de ce festival.
INTERRIA
WHYZDOM
Sans perdre de temps, on continue avec le groupe Whyzdom, déjà connu par la majorité du public. En effet, le groupe connait un succès exponentiel suite à la sortie de leur EP "Daughter Of The Night". En attendant la sortie de l'album (qui devrait voir le jour très prochainement), c'est avec grand plaisir que nous retrouvons le groupe sur scène. Whyzdom en live a toujours un petit côté "féérique".
Entrés sur scène sous les acclamations du public, les musiciens s'installent, le groupe de six choristes prend place dans le fond de la scène, aussitôt suivis par Telya (chant). La jeune chanteuse est ravissante (habillée par les Créations Vultus), et tient deux bougies à la main, pour le titre d'ouverture, "The Daughter Of The Night". C'est partie pour 45 minutes de tuerie, les symphonies et orchestrations sont puissantes, fortement appuyées par les choeurs, un "vrai" choeur composé de cinq filles et un garçon. Le chant de Telya est au summum, émouvant, bouleversant, renversant.
Malheureusement, Régis a rencontré un gros problème avec sa guitare qui l'a obligé de quitter la scène pendant de longues minutes... Le show s'est néanmoins poursuivi avec une seule guitare, et même s'il manquait un petit quelques chose, on se délecte de la musique proposée par la formation parisienne. Ca remue beaucoup, Telya headbangue, fait participer le public, et adopte une gestuelle théâtrale qui lui est si caractéristique. Sur la fin du concert, elle finira même par headbanguer, à genoux, manquant de peu de se cogner la tête sur les retours... Ayant une fois échappé de peu à l'immolation par le feu en public, cette fois elle est à deux doigts de se fracasser le crâne sur du matos... Elle aime vivre dangereusement, cette petite!!
Un peu plus tard, Régis revient enfin, avec le problème de guitare réglé. Quelques nouveaux titres sont joués, mais également les grands classiques, de forts moments d'émotions notamment pour "The Train", mais aussi pour "On The Wings Of Time", qui m'a réellement fait vibrer et a mis tous mes sens en émoi. Une de leur plus belles chansons.
Le groupe finira son set sous les acclamations du public, venu les voir nombreux. C'est avec une impatience non dissimulée que je retournerai les voir!!
WHYZDOM
THE OUTBURST
Cette fois, on change radicalement de style avec The Outburst. Ne connaissant que très vaguement de nom, je découvre avec grand intérêt le groupe. Emmenée par la ravissante et dynamique Sarah, que l'on avait déjà vu en guest avec Interria, la formation envoie un rock-metal lourd et puissant, plein d'énergie. La musique peut parfois faire penser à Lacuna Coil, d'autant plus que le chant féminin est accompagné par le chant rauque à la limite du death du guitariste. Le show est énergique, ça bouge dans tous les sens, ça remue, ça headbangue, ça jumpe, ça envoit le pâté. Pour répondre à l'invitation de Jenni à chanter avec Interria, Sarah invite cette fois Jenni à venir chanter avec elle. Ce duo étonnant bouge dans tous les sens, elles font la danse du ventre, remuent du popotin et headbangue en coordination. Les riffs de guitares sont massifs, les tambourinements du batteur sont musclés et vigoureux, tout est fait pour pulvériser les cervicales à force de headbang.
En tous cas, c'est une grosse claque que le combo nous inflige ce soir, une très belle découverte!! C'est mon coup de coeur du festival.
THE OUTBURST
SKAO
A nouveau, on change complètement de style, avec le groupe Skao. Ne connaissant absolument pas, c'est avec curiosité que je m'approche des premiers rangs pour écouter la musique du groupe, qu'ils qualifient eux-même de "Rock fruité au féminin". En effet, l'ambiance est bien plus légère qu'avec The Outburst. La musique est extrêmement dansante et festive, avec bon nombre de points communs avec le ska, d'où sûrement le nom du groupe... La chanteuse est une jolie petite blondinette qui n'en fint plus de sauter et de bouger dans tous les sens. Le combo a une patate d'enfer, et très communicative, car le public (malheureusement un peu plus épars) danse et sautille en rythme. Le chant est en français, les textes sont légers et parlent de la vie en général. L'ensemble est assez original, notamment avec leur look étonnant : le bassiste est habillé en squelette, et le guitariste a une guitare-léopard! Le combo effectuera une reprise étonnante de Charles Aznavour, "For me, formidable", en une version métallique et rapide, très entrainante, qui incite à jumper.
Le groupe m'a laissé une très bonne impression, je crois que leur musique est idéale en live, pour s'éclater et faire la fête, ce qui est exactement l'objectif de la soirée. Challenge réussi, bravo jeunes gens!
SKAO
MARKIZE
Le temps de souffler un peu et de se désaltérer en buvant un verre, et on repart maintenant avec Markize. Là aussi, le groupe est dans une forme époustouflante, et fait preuve d'une excellente prestation. C'est juste, c'est bon, c'est puissant, c'est symphonique, c'est saisissant et émouvant. Derrière son pied de micro garni de papillons et de roses noires, la belle Alina nous prouve une nouvelle fois tous ses talents vocaux. En corset et robe à voiles, elle bouge beaucoup, headbangue et sautille en entrainant avec elle un public conquis. L'ambiance était très bonne dans le public, les gens dansaient et jumpaient en rythme. La reprise de Kylie Minogue "Can't get you ou of my head" a été spécialement appréciée. Des titres du deuxième album à paraitre ont été joués, et annoncent je l'espère un grand succès.
Une des meilleures prestations que j'ai vu de la part de Markize. Etant donnée la tournée de fou qu'ils feront en mai prochain, il y a de fortes chances pour nos routes se croisent à nouveau...
MARKIZE
JADALLYS
La suite du festival se déroulera sur la petite scène de la Loco, au sous-sol. Il s'agit maintenant du groupe Jadallys, actuellement en tournée acoustique, qui nous fait part de leur musique pour un show spécial. L'ambiance se veut nettement plus intime, dans cet espace plus étroit, ce côté "close-contact" est agréable et propice à une communion avec la musique. Le groupe est installé autour d'une petite tablette sur laquelle divers accessoires sont posés pour contribuer à l'univers étrange du groupe. Des bâtons d'encens embaument la salle, on a l'impression de se retrouver dans le sanctuaire de Jadallys pour un culte secret.
Le groupe effectuera une bonne prestation, des chansons que je ne connais pas forcément, et qui change radicalement de leurs shows en électrique... Sur un écran géant en guise de backdrop, des clips vidéos sont diffusés, des images bizarres que je ne comprends pas toujours, et qui ma foi ne correspondent pas vraiment aux paroles des chansons.
Sans pourtant être de mauvaise qualité, j'ai été moyennement emballé par ce concert. Disons que c'est la prestation la plus étrange du festival.
JADALLYS
MY POLLUX
De retour sur la grande scène, c'est déjà le dernier groupe qui investit la scène, pour clôturer la soirée en beauté. Les Français de My Pollux viennent nous proposer leur heavy rock-metal, sublimé par la voix claire et délicieuse de Lussi. Tout de rouge et de noir, les musiciens et la chanteuse bougent beaucoup, ça remue bien sur scène. C'est du lourd, du tellement lourd que le batteur parvient même à casser la pédale de sa grosse caisse!! Heureusement rapidement réparé, le show se poursuit, avec du son lourd et combatif. La jeune chanteuse, en Converse et (très) mini-short rouge, va et vient sur toute la largeur de la scène, devant un public étrangement calme (probablement la fatigue?), mais très réceptif. Un peu plus tard, un nouveau problème de son (retour du micro) viendra pertuber le bon déroulement du set.
Là aussi, je ne connaissais le groupe que très superficiellement, et j'ai été agréablement surpris, par tant de talents et d'énergie. C'est donc avec ces rythmes frétillants que s'achèvera le festival.
MY POLLUX
Je dois dire que cette première édition du Rock Girls Fest a été une totale réussite, et même si de nombreux incidents techniques sont venus entraver le bon déroulement des concerts de la majorité des groupes, tout s'est très bien passé, un grand bravo aux Organisateurs. La diversité des styles fait la richesse de ce festival, et c'est avec grand plaisir que je réserve d'ores et déjà mon week-end de Pâques 2010!!